On a tous entendu parler de divination et de médiums extra-lucides, mais qu’en est-il réellement? Si on se fie aux publicités et aux innombrables offres de voyance par téléphone ou même par internet, on aurait tendance à se dire qu’il s’agit d’une pratique très moderne. La voyance ne date pourtant pas d’hier: parmi les Grecs anciens et les Romains, les augures jouissaient d’une grande réputation pour leur capacité à lire l’avenir dans les entrailles d’animaux, et nombre de grands personnages ont consulté ces voyants avant de prendre des décisions lourdes de conséquences. Les oracles, comme on les appelait aussi, devaient décoder la volonté divine à partir de signes terrestres afin de conseiller les mortels sur la marche à suivre. De nos jours, les méthodes ont changé et les voyants ne prétendent plus parler au nom de Zeus ou d’Aphrodite, mais le rôle qu’ils occupent dans la société est bien le même : donner des réponses à ceux qui en besoin.
La voyance séduit bon nombre de gens par son coté mystique et ésotérique qui échappe à la logique et aux explications scientifiques. Pour beaucoup, la science et la raison ne peuvent expliquer tout: il y a des choses qu’on ne peut observer au microscope et qui régissent nos vies. De même, les relations humaines sont trop complexes et trop importantes pour être laissées aux chercheurs
La voyance n’est pas un art à proprement parler, car n’importe qui ne peut espérer devenir voyant. Il faut bénéficier de dons surnaturels à la naissance, à l’aide desquelles il est possible d’observer le monde sous un autre angle, de « voir » au-delà des sens ordinaires et des limites humaines. Ces dons extra-sensoriels se manifestent souvent très tôt et de manière plus ou moins évidente, sous formes de flashs, de visions ou de rêves prémonitoires.
Beaucoup de médiums s’attachent à communiquer avec les morts, par exemple par l’intermède d’une photo. Ils semblent capables de sentir des émotions, des mots ou des images venant de l’au-delà, si l’âme du défunt est encore émotivement liée à certains vivants.
Les incrédules sont certes nombreux à accuser les arts divinatoires de supercherie, mais bien plus nombreux sont les exemples de personnalités ou d’institutions importantes et sérieuses qui ont recours à la divination. Par exemple, les enquêtes policières ont souvent été aidées par des médiums, et la CIA est même allée jusqu’à créer un vaste projet d’espionnage divinatoire du nom de Stargate, dont Jon Mac Moneagle est le représentant le plus connu. Anciennement officier dans l’armée, ses talents de voyance ont été utilisés dans plus de 150 missions, et il a reçu la prestigieuse Legion of Merit en récompense de ses services.
Néanmoins, les sceptiques ne sont pas dénués d’arguments sensés. En effet, il est difficile de passer sous silence le fait que la divination dans son ensemble ne soit supportée par aucun fondement scientifique. C’est bien souvent le contraire : la grande majorité des études (incluant certaines publiées dans de prestigieuses revues) tendent à démontrer que les arts divinatoires sont loin d’être fiables. La divination ne serait donc qu’une imposture, une méthode sophistiquée de prédire ce que les gens veulent entendre ou de deviner ce qui les préoccupe par le biais de signes physiques afin de gagner leur confiance.
Il semble également que les voyants disposent de beaucoup de moyens pour se mettre à l’abri en cas d’échec. Par exemple, on vous dira que les prédictions offertes par le tarot divinatoire ne sont valables que si vous laissez les évènements venir à vous sans essayer de les changer. Cette excuse est peu crédible, car bien malin est celui qui sait parfaitement comment il influence les évènements extérieurs par sa conduite. De plus, à partir du moment où nous connaissons notre futur présumé, est-il réellement possible de ne pas en tenir compte et de « laisser » les évènements venir à nous?
Aujourd’hui, il est de plus en plus facile de bénéficier de voyance par téléphone. Cette méthode peut sembler douteuse, car sans contact visuel, le médium doit faire ses prédictions avec la seule voix (grossièrement déformée par le téléphone) de son client. On voit mal comment il est possible de se plonger dans le passé des gens et de sentir leurs connections énergétiques intérieures, alors que du point de vue du médium il s’agit d’un moyen bien pratique d’un point de vue économique.
Qu’on soit méfiant ou convaincu, il est impossible de nier l’engouement que provoquent ces disciplines hors de l’ordinaire. Il est aussi aisé de remarquer que bon nombre de ces prétendus devins ne sont en réalité que de vulgaires charlatans, sans que cela signifie qu’ils le soient tous. En l’absence de réglementation, de formation reconnue et en considérant le nature mystérieuse de la voyance, on ne peut que recommander la prudence et un certain sens critique pour éviter de se faire leurrer.
